​​​​​​​Les Ondes islandaises - instantanés de la très riche scène musicale du pays - continuent leur tournée morlaisienne. 
Une douzaine de photos côtoiera jusqu'à la fin de l'année l'excellente sélection des Déferlantes, dont les nombreux romans islandais désormais traduits en français. 
Tirages : impression UV sur Dibond blanc 2 mm, tirage prêt à être accroché. 
À partir de 80 €.
Diffusion : galerie Ísland >>> 
Comment un pays de 400 000 habitants peut-il engendrer une telle profusion de musicien·ne·s – autour de 120 groupes locaux à chaque édition du festival Icelandic Airwaves, sans compter la programmation off croisée au coin d’un bar ou au détour d’une librairie ?

Certes, on retrouve certains musicien·ne·s dans plusieurs groupes, souvent de registres très différents d’ailleurs, mais quand-même…
Longues nuits d’hiver, sans doute, ennui de la vie loin de l’agglomération de Reykjavik, peut-être, mais quand-même…
Interrogé·e·s à ce sujet, mes ami·e·s islandais·es haussèrent les épaules : « la musique est enseignée à l’école aussi sérieusement que les autres matières alors on la pratique naturellement. »  Et toc ! 

Autre étonnement : la diversité des genres représentés. L’influence de la tête chercheuse Björk n’est pas si évidente, celle de l’ovni Sigur Rós encore moins, la scène métal - peut-être un lien avec le  Danemark -  est présente mais pas écrasante. Mais aller à Airwaves et arpenter les rayons des disquaires (pas moins de 7 dans le seul centre de Reykjavik) c’est écouter du punk féminin et féministe (Hórmónar), du rap d’influence Wu Tan Clan (Cell 7), de la musique expérimentale d’influence pop (Ólöf Arnalds) ou classique (Ólafur Arnalds), des héritiers de Simon et Garfunkel (Árstíðir, dont l’un des musiciens joue dans un groupe de métal), d’autres de Radiohead période lyrique (CeaseTone, dont le chanteur est aussi musicien pour un rappeur, JÓIPÉ), de la pop sautillante ou mélancolique, des jazz très variés, et même du reggae et de la bossanova en islandais !  

Mais tout cela pourrait faire de la mauvaise musique, ou du moins pas terrible, ou pas innovante… sauf que non.  

La scène musicale islandaise est à la fois prolifique, de qualité et audacieuse.  
Il y a bien ça et là des groupes dont il est évidement qu’ils ne sont pas à maturité, quelques artistes qui ne dépareilleraient pas dans le top 50 du mainstream anglo-saxon, mais le niveau général est étonnamment élevé et il n’est pas rare de voir des ados donner un set dans un bar ou un magasin de sport, entre deux portants, avec la conviction qu’on imagine avoir animé le mouvement punk à ses débuts.

Le musée du rock islandais, à l’ouest de Reykjavik, témoigne d’ailleurs d’une histoire largement passée sous les radars de notre presse spécialisée jusqu’aux turbulents Sugarcubes (groupe de Björk de 1986 à 1992), et notamment de l’arrivée sur l’ile de la première guitare électrique, pendant la seconde guerre mondiale à la faveur, si l’on peut dire, de la présence militaire britannique puis américaine (l’Islande n’a jamais eu d’armée et la base américaine ne s’est retirée qu’en 2006) ; cette influence britannique donnera lieu dans les années 80 à une vague punk aussi brève qu’ébouriffée.

Le parti pris de ces quelques images est de capter l'énergie, la vibration de ces artistes dont je n'ai sélectionné que les moins connu·e·s en France, la plupart ne tournant pas hors d’Islande, ou seulement en Scandinavie.

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