Collapse (Face à Gaza) de Anat Even
Sortie : 6 mai 2026
Auteure de 3 autres documentaires (dont seul Enchaînées est sorti en France en 2024 mais a été tourné 20 ans plus tôt), Anat Even a grandi à Nir Oz, un kibboutz porté par des valeurs progressistes et... installé en 1955 sur des terres volées aux Palestinien·ne·s.
Elle y retourne à l’automne 2023 et trouve le lieu « féérique » de son enfance dévasté par les attaques du Hamas le 7 octobre 2023. Le mur de boîtes aux lettres est barré de scotchs : rouges pour les personnes assassinées (un quart des habitant·e·s), noirs pour celles kidnappées, quelques bleus pour celles libérées. Seule une survivante est restée et nourrit les chats.
À 2 km de là, de l’autre côté de la clôture, Gaza est en flammes.
Sur le chemin de la maison d’une de ses amies d’enfance tuée avec toute sa famille, la caméra de Anat Even croise une pancarte « Netanyahou tu as le sang de ma famille sur les mains » et des affiches de mobilisation contre l’occupation Israélienne.
Car Anat Even, comme les résident·e·s du kibboutz, fait partie des Israélien·ne·s qui « sont contre cette guerre et toutes les autres (et) sont vus comme des fous dangereux qui dont passer les intérêts de l'ennemi avant les leurs ".
Pourtant elle reconnait que, enfant, sa présence sur des terres confisquées ne la touchait pas. Aujourd’hui elle s’interroge sur sa place – bien malgré elle – du côté de l’oppresseur. « Comment parler de Gaza ? Comment parler d'une zone d'extermination? »
Car Anat Even, comme les résident·e·s du kibboutz, fait partie des Israélien·ne·s qui « sont contre cette guerre et toutes les autres (et) sont vus comme des fous dangereux qui dont passer les intérêts de l'ennemi avant les leurs ".
Pourtant elle reconnait que, enfant, sa présence sur des terres confisquées ne la touchait pas. Aujourd’hui elle s’interroge sur sa place – bien malgré elle – du côté de l’oppresseur. « Comment parler de Gaza ? Comment parler d'une zone d'extermination? »
Cette question de l’expression des juif·ve·s - a fortiori quand iels sont israélien·ne·s - opposé·e·s à la politique de leur pays, traverse beaucoup de films en ce moment.
C'est le personnage de Yes de Nadav Lapid qui dit '' Les larmes de l'occupant dégoûtaient ma mère" pour la version furieuse.
Ou Avi Mograbi qui, dans Petit manuel d'occupation, ne montre pas les soldats israéliens démobilisés et ravagés par ce qu'ils ont fait et justifiait son choix : "je ne veux pas qu'ils passent pour les victimes", pour la version analytique.
Anat Even choisit une autre voie en livrant un peu de son journal intime et son film tente de retisser ce qui peut l'être.
Bloquée de son côté de la frontière, elle trouve finalement les voies et voix minimales pour faire entendre les voisin·e·s palestinien·ne·s, et à côté de leurs témoignages (notamment celui d’Ezzideen Shehab, un jeune médecin Gazaoui), ses états d'âmes semblent presque anecdotiques.
Mais c'est la force et l'honnêteté du film que de mettre en scène -via les échanges épistolaires avec un ami exilé en France, auquel le comédien belge Arieh Worthalter prête sa voix - ce désarroi terrassant, qui malgré tout semble bien digne au regard des propos de la colon (y a-t-il un féminin à ce mot ? ) filmée à la tribune d'un rassemblement, qui invective "Les rats relèvent la tête à gaza" devant une banderole « occuper expulser coloniser ».
C'est le personnage de Yes de Nadav Lapid qui dit '' Les larmes de l'occupant dégoûtaient ma mère" pour la version furieuse.
Ou Avi Mograbi qui, dans Petit manuel d'occupation, ne montre pas les soldats israéliens démobilisés et ravagés par ce qu'ils ont fait et justifiait son choix : "je ne veux pas qu'ils passent pour les victimes", pour la version analytique.
Anat Even choisit une autre voie en livrant un peu de son journal intime et son film tente de retisser ce qui peut l'être.
Bloquée de son côté de la frontière, elle trouve finalement les voies et voix minimales pour faire entendre les voisin·e·s palestinien·ne·s, et à côté de leurs témoignages (notamment celui d’Ezzideen Shehab, un jeune médecin Gazaoui), ses états d'âmes semblent presque anecdotiques.
Mais c'est la force et l'honnêteté du film que de mettre en scène -via les échanges épistolaires avec un ami exilé en France, auquel le comédien belge Arieh Worthalter prête sa voix - ce désarroi terrassant, qui malgré tout semble bien digne au regard des propos de la colon (y a-t-il un féminin à ce mot ? ) filmée à la tribune d'un rassemblement, qui invective "Les rats relèvent la tête à gaza" devant une banderole « occuper expulser coloniser ».
"Qu'est-ce qui pousse quand on plante des drapeaux?" se demande Anat Even.
Au moins du cynisme puisque le kibboutz, devenu terrain d’entrainement de l’armée, reçoit la visite de Benjamin Netanyahou ignorant la poignée d’opposant·e·s qui l’accueille, aussi bien que des groupes de... touristes américain·e·s.
Au moins du cynisme puisque le kibboutz, devenu terrain d’entrainement de l’armée, reçoit la visite de Benjamin Netanyahou ignorant la poignée d’opposant·e·s qui l’accueille, aussi bien que des groupes de... touristes américain·e·s.
Collapse est un beau et poignant film d'impuissance et si on veut mesurer le chemin parcouru vers l’abîme ces dernières années, on peut voir ou revoir État commun, conversation potentielle, un documentaire de Eyal Sivan qui traçait en 2013 les contours d’une réconciliation.
Soumsoum, la nuit des astres de Mahamat-Saleh Haroun
Sortie : 22 avril 2026
Image saisissante d’une adolescente qui pousse une charrette chargée d’un corps dans un désert montagneux de science fiction – le plateau de l’Ennedi, au nord-est du Tchad.
« Fille du sang » car née alors que sa mère mourrait en couche, Kellou porte déjà le triple fardeau d’être orpheline, stigmatisée car « responsable » de la mort de sa mère (ce que son père lui reproche) et déroutée par des visions qui lui font voir le passé comme l’avenir. Et ce fardeau supplémentaire donc, ce corps auquel personne ne veut donner la toilette mortuaire traditionnelle car c’est celui d’une autre femme victime des préjugés obscurantistes.
Et pourtant Kellou est lumineuse. Jeune femme de son temps, amoureuse d’un garçon de son âge et bien décidée à ne se laisser dicter sa conduite par personne, et surtout pas par les « sages » du village, toujours prompts à l’injonction et à la menace.
Dans ce contexte aussi plombant que le soleil du désert, Mahamat-Saleh Harou – grand cinéaste de la révolte – dessine des lignes de résistance. La belle mère de Kellou, soudain solidaire, le glissement du père lui-même mis en cause par le village et traité de « putain d'immigré », et surtout Aya, figure centrale de la « sorcière » accusée d’avoir provoqué la mort de nourrissons du village et des pluies diluviennes et meurtrières – une « pluie de l'abondance » opposée à la « pluie des nuages rampants ».
"Il n'y a pas de faute en toi" disait Aya à Kellou, qui trace désormais sa route en tenant tête aux vieux donneurs de leçon comme aux morts tourmentés qui viennent la hanter.
Nous l’orchestre de Philippe Béziat
Sortie : 22 avril 2026
Auteur de plusieurs films sur et autour de la musique classique, de la danse et de l’opéra (dont le très très beau Indes Galantes où il suivait le travail du metteur en scène Clément Cogitore et de la chorégraphe Bintou Dembélé), Philippe Béziat réussit à s’éloigner de l’image convenue (et pour tout dire bourgeoise) de ce milieu pour en capter les aspérités et tensions propres à tout microcosme humain.
« On a des collègues pour 40 ans. C’est comme un mariage forcé » entend-on par exemple dans les entretiens avec les musicien·ne·s de l’Orchestre philarmonique de Paris, qui n’évitent aucun des sujets qui fâchent : le deuil d’une carrière solo pour se fondre dans le collectif, les amitiés et inimitiés fossilisées par le temps, le sentiment d’étouffer… Mais aussi la nécessaire confiance et solidarité pour faire émerger l’harmonie de ce qui – perçu depuis la scène – n’est qu’un chaos sonore – tel le vol des étourneaux coordonné à la perfection.
L’orchestre est aussi le lieu de rencontre d’exils (la guerre en Arménie) et de déplacements surprenants (ce jeune rocker passé au violoncelle après une « révélation » lors d’un concert auquel il assistait).
Mais la qualité d’écoute de Philippe Béziat se double aussi de choix formels inattendus, comme, dès les premières minutes, ce très beau générique parlé ou les entretiens muets et retranscrits à l’écran.
Un documentaire tout sauf convenu, intelligent et stimulant.
Un documentaire tout sauf convenu, intelligent et stimulant.
L’affaire Abdallah de Pierre Carles
Sortie : 8 avril 2026
"Ouh là… c’était pas forcément… on a écrit des bêtises quand-même". Si ce remord fait honneur à l'honnêteté intellectuelle de Véronique Brocard, la journaliste de Libération confrontée aux articles publiés dans son quotidien en 1986, il est aussi un indice du scandale d’Etat que constitue l'incarcération pendant 40 ans de Georges Ibrahim Abdallah, militant politique marxiste libanais.
40 ans et 9 mois, pour une condamnation initiale de 4 ans (pour association de malfaiteurs, détentions d’armes et faux papiers), puis une condamnation à perpétuité en 87, officiellement pour l’assassinat à Paris d’un attaché militaire américain et d’un secrétaire d'ambassade israélien.
40 ans et 9 mois sur un dossier vide. Abdallah a payé pour des attentats commis alors qu’il était en prison.
40 ans et 9 mois dont une dizaine de demandes de remise en liberté[1] refusées par la justice française sous pression américaine - preuves écrites à l’appui de l’intrusion d’Hillary Clinton.
Détail supplémentaire : son premier avocat, Jean-Paul Mazurier, travaillait pour la DGSE. Lorsque Mazurier dévoile sa double activité en 87, Albin Chalendon, alors ministre de la Justice, rejette sans justification la demande de pourvoi formulée par Jacques Verges, nouvel avocat d’Abdallah, contre sa condamnation à perpétuité.
Si Pierre Carles prend le soin de remonter le fil de l'histoire depuis 1978 et d'interroger des journalises, chercheurs, responsables des services français de l’époque, avocats et soutiens d’Abdallah, son film vaut aussi – au moins autant - pour la question qui fâche posée aux médias : comment et pourquoi ont-ils plongé dans la version officielle attribuant aux frères de Georges Ibrahim Abdallah, militants comme lui des FARL[2], les attentats de 1986 (rue de Rennes à Paris notamment) dont les commanditaires iraniens n’ont jamais été inquiétés ?
Robert Pandreau, alors ministre délégué à la Sécurité auprès du ministre de l'Intérieur Charles Pasqua, avouera 10 ans plus tard la manipulation dans une interview : « en réalité nous n’avions aucune piste ». Alain Marsaud, chef du service central de lutte anti-terroriste de 1986 à 1989 confirme aujourd’hui : « les iraniens nous avaient déclaré la guerre et personne ne le savait », notamment car la France n’avait pas remboursé à l’Iran un emprunt consenti antérieurement par le Shah et avait vendu des armes à l’Irak. Et Jean-François Clair, directeur adjoint du contre-espionnage français (DST) de 1997 à 2007 confirme qu’il n’y avait aucune preuve de son appartenance à une association terroriste.
Or à l’époque, le Canard enchainé et le Monde, entre autres, ont largement participé à relayer la thèse officielle. On aurait aimé entendre sur le sujet Edwy Plenel, brièvement vu dans une archive où il dévoile un supposé scoop sur la trêve passée entre l’Etat français et le « clan Abdallah ». Article du Monde dont se délecte alors Jean-Bernard Raimond, ministre des Affaires étrangères en 1986, dans une interview télévisée. Mais dans l’enquête de Pierre Carles, c’est Georges Marion, journalise au Monde de 1986 à 2006, qui s’y colle, et explique comme il peut pourquoi il n’a pas mis en cause les fuites obtenues d’un informateur de la Brigade criminelle.
Ces entretiens contemporains sont amèrement savoureux : l'embarras de François Hollande, l’air dépité puis l’oscar du « je ne me souviens pas » de Laurent Fabius quand la journaliste lui fait état de ses échanges par mél avec Hillary Clinon, le poisson mal noyé du juge anti-terroriste Jean-Louis Brugière, la leçon de séparation des pouvoirs d’Éric Dupont Moretti...
A côté de ces bafouillages, cafouillages et diversions, Abdallah est un modèle de clarté et de constance. Lors de son procès pour assassinats, il avait déclaré : « Je me retire de cette cour en vous laissant de le plaisir d’écouter le représentant du bourreau et sa défense vomir leur haine des déshérités de la terre ».
Abdallah est libéré le 25 juillet 2025 par une décision du 17 juillet 2025, intervenue quelques semaines après le premier arraisonnement illégal, par l’armée israélienne, de la Flottille pour Gaza dans laquelle se trouvait notamment Greta Thunberg. A son arrivée à Beyrouth, il déclare « Je suis sorti grâce à votre mobilisation à tous. C’est grâce à vous. Ce n’est pas tombé du ciel. C’est un rapport de force. Quand le prisonnier leur « coûte » plus à l’intérieur qu’à l’extérieur, grâce à la solidarité et au mouvement de solidarité qui s’inscrit dans le cadre du processus de lutte, on le remet en liberté. » Puis, moins consensuel : « Il y a des millions d’Arabes qui sont assis à regarder. En Égypte, à quelques mètres de la mosquée Al-Azhar, à quelques kilomètres de distance de la Kaaba de Mohammed Ben Abdullah, des enfants palestiniens meurent de faim. (…) C’est une honte pour l’histoire et pour les masses arabes, plus encore que pour les régimes, car les régimes on les connait (…) Quand une fille de 20 ans vient de Suède, Greta, pour rompre le blocus de Gaza, alors que les Égyptiens regardent sans rien faire en réclamant leur place au paradis… »
Ouvert sur une visite au prisonnier de la députée européenne Rima Hassan, ce film dossier solide, étayé et clair, se conclut ainsi sur la réaffirmation de la nécessité de lutter. Digne.
[1] Plus d’une dizaine de demandes de libérations notamment refusées par les ministres de la Justice Dominique Perben en 2002, Pascal Clement en 2006, et par Manuel Valls, Premier Ministre, contre l’avis favorable de Christiane Taubira, ministre de la Justice, en 2013.
[2] Fractions armées révolutionnaires libanaises
Interview de Pierre Carles par Alex Masson sur Radio Nova >>>
Forêt Rouge de Laurie Lassalle
Sortie : 14 janvier 2026
Documentaires comme fictions sont nombreux à se pencher sur les formes nouvelles des mouvements sociaux de ces dernières années (1) : Nuit debout, Gilets jaunes, ZAD et formes diverses d'activisme et désobéissance civile. Avec le risque de tomber dans l'hagiographie, l'héroïsation, de perdre en complexité voire de verser dans l'esthétisation complaisante des scènes d'affrontement avec la police (le fumigène, grand accessoire de cinéma).
Forêt Rouge de Laurie Lassalle a la qualité rare de donner à voir ce pour quoi a lieu cette résistance (ici la ZAD de Notre Dame des Landes), de rendre palpable l'enchantement d'une sortie nocturne pour observer des grenouilles et des salamandres, de prendre le temps d'apprendre que même sauvée, la forêt aura souffert du passage des engins de chantier à proximité, de montrer les gestes les plus infimes dans lesquels s'incarne la défense de cet espace naturel.
Le film réussit ainsi à articuler le collectif et l'individuel, le politique et le sensoriel, le débat et le silence et... la fête. Car la joie est politique.
Les quelques images d'affrontements sont certes déjà vues pour certaines, mais le film privilégie l'interpellation et la proximité, tout en n'oubliant pas de faire des choix de mise en scène et de montage, qui dessine des futurs désirables, une fois les fumigènes dissipés.
Vers la moitié du film, deux scènes poignantes, qui font écho à celles qui nous arrivent de Minneapolis en ce début d'année : un jeune homme, seul face aux policiers, en appelle à leur conscience du respect du travail accompli sur le site depuis des années, plus loin un violon furieux, que feront taire les grenades et les cris des blessés.
(1) Par exemple les excellents L'Assemblée de Mariana Otero sur Nuit debout, Les Graines que l'on sème de Nathan Nicholovitch sur les Gilets jaunes.
Les âmes bossales de François Perlier
Sortie : 4 février 2026
Les "Bossales" désignaient les esclaves africains vainqueurs de la guerre d'indépendance d'Haïti en 1804, dont Jean-Jacques Dessalines a été un acteur majeur avant de devenir le premier empereur du pays et d’être assassiné en 1806. Devenu péjoratif, le terme est aujourd'hui revendiqué par les acteurices d’une révolte épuisante contre la corruption, la violence et la pauvreté qui mettent le pays à genoux.
Si quelques séquences de manifestations donnent la mesure de la répression que doit affronter la population, c’est aux autres armes de résistance que s’attache François Perlier : des mots acérés comme des flèches, des chants qui relient, des rituels exutoires. « Les livres sont les tombeaux des dictateurs » dit un protagoniste, qui consacre ses maigres ressources à lire et lire encore les livres glanés sur les marchés. Charlotte, engagée auprès des réfugiés du tremblement de terre, place aussi sa révolte dans le champ intime : « J’ai choisi de ne pas avoir de mari pour ne pas être esclave. Je ne veux pas être une esclave dans une maison ; un esclavage modéré ; une esclave mariée dont tout le monde est content ». Michou, la casseuse de pierres qui répond à l’appel des esprits, interroge Jésus «Pourquoi est-ce moi l’humiliée ? » dans un chant fragile et poignant. Foukifoura, poète et commentateur acerbe de l’état de son pays en appelle à l’esprit de Dessalines pour raviver l’esprit d’une société juste.
Chacun·e d’elles et eux mériterait un film entier mais la construction des séquences est d'une grande fluidité, comme le temps donné aux discours et aux respirations, aux rituels, à la musique et à la danse, à la politique présente à chaque seconde mais toujours incarnée. Dans ce portrait en mosaïque, François Perlier n’oublie jamais d'assumer son regard de cinéaste, telle cette séquence « Où est l’argent ?», interpellation des autorités rageusement chuchotée le temps d’un travelling à moto dans des rues de plus en plus défoncées.
Auteur de courts métrages documentaires diffusés en festivals, François Perlier signe avec ce premier long diffusé en salles une grande et belle œuvre d’amour à un peuple debout.