TOP 5​​​​​
documentaires
Soundtrack to a Coup d'État de Johan Grimonprez
My Undesirable Friends: Part I – Last Air in Moscow de Julia Loktev
fictions
L'incroyable femme des neiges de Sebastien Betbeder 
Un simple accident de Jafar Panahi
Fantôme Utile de Ratchapoom Boonbunchachoke
LES 10 SUIVANTS
animation
Mémoires d'un escargot d'Adam Elliot
documentaires
Les Mots qu'elles eurent un jour  de Raphael Pillosio
Jeunesse (Les Tourments + Retour au pays) de Wang Bing
The Neon People de Jean-Baptiste Thoret
De la Guerre Froide à la Guerre Verte d'Anna Recalde Miranda
fictions
Yes (Ken) de Nadav Lapid 
Les feux sauvages de Jia Zhangke
Last Shadow at First Light  de Nicole Midori Woodford
Manas de Marianna Brennand
On vous croit de Charlotte Devillers et Arnaud Dufeys
ET AUSSI
documentaires
Personne n'y comprend rien de Yannick Kergoat //  Chansons d’exil de Dado Amaral  //  Les Mille et un jours du Hajj Edmond de Simone Bitton  //  L’évangile de la révolution de François-Xavier Drouet  //  Le Sang et la boue de Jean-Gabriel Leynaud  //  Put Your Soul on Your Hand and Walk de Sepideh Farsi  //  Hors-service de Jean Boiron-Lajous  //  Le Cinquième plan de La Jetée de Dominique Cabrera  //  Journal intime du Liban de Myriam El Hajj  //  Pompei, Sotto le Nuvole de Gianfranco Rosi  //  Dites-lui que je l’aime de Romane Bohringer
animation
Le Secret des Mésanges d'Antoine Lanciaux
fictions
Je suis toujours là de Walter Salles //  Tout ira bien de Ray Yeung //  Quiet Life d'Alexandros Avranas //  Black Dog de Hu Guan //  La cache de Lionel Baier //  Quelque chose de vieux, quelque chose de neuf, quelque chose d'emprunté de Hernán Rosselli //  Baby de Marcelo Caetano  //  Cassandre d'Hélène Merlin  //  Ce Nouvel An qui n'est jamais arrivé de Bogdan Mureşanu  //  La Chambre de Mariana d'Emmanuel Finkiel  //  L'Effacement de Karim Moussaoui  //  Horizonte de César Acevedo  //  Jardin d'été (The Friends) de Shinji Sōmai  //  Aux jours qui viennent de Nathalie Najem  //  Perla d'Alexandra Makarová //  Touch - Nos étreintes passées de Baltasar Kormákur  //  Imago de Déni Oumar Pitsaev  //  En première ligne de Petra Biondina Volpe  //  Salve Maria de Mar Coll  //  7 jours d'Ali Samadi Ahadi  //  Brief History of a Family de Jianjie Lin  //  Nino de Pauline Loquès // La voix de Hind Rajab de Kaouther Ben Hania  //  Météors de Hubert Charuel et Claude Le Pape  //  La Petite Dernière de Hafsia Herzi //  Happyend de Neo Sora  //  Les Aigles de la République de Tarik Saleh  //  Invention de Courtney Stephens  //  La Vague de Sebastián Lelio  //  Kika d'Alexe Poukine  //  Les Braises  de Thomas Kruithof  //  L'Agent secret de Kleber Mendonça Filho  //  Los Tigres d'Alberto Rodriguez
Hors-service de Jean Boiron-Lajous 
Sortie : 8 octobre 2025
Quelques silhouettes déambulent dans des locaux vides, dans le noir, torche à la main.
Pas des cambrioleur·se·s, mais des passager·e·s clandestin·e·s, en rupture de ban d'une fonction publique qui a perdu son sens, à leurs yeux.
Un postier, un policier, deux enseignantes, une magistrate, une médecin.
Iels dînent ensemble puis repartent en exploration des bureaux (ceux d'un hôpital abandonné), y installent un semblant de cadre professionnel, se remettent en condition, comme à la recherche de la voie vers la possibilité d'une parole, pour exprimer ce qui les a mis au tapis.
Le policier poursuivi par sa hiérarchie pour avoir dénoncé des violences sur mineurs. Le postier à qui il est reproché de faire de la "sur-qualité" (comprendre distribuer le courrier ou les colis trop tôt !). La magistrate qui paye ses engagements syndicaux... 
Les constats et les discours généralistes et statistiques sont connus, mais incarnés ici dans des parcours, des exemples, des corps. Iels parlent de "tout ce qui a abîmé la vocation", de la difficulté à "faire le deuil de sa force", à renoncer et à partir, quand on pense qu'on arrivera à tenir bon contre l'arbitraire ou l'absurde ou le principe de rentabilité. 
Et pourtant, l'existence même de ce film est un acte supplémentaire de résistance, qui, loin de ressasser les parcours et traumas individuels, se veut être une alerte lancée à tou·te·s.
iels installent progressivement un lieu d'accueil, d'écoute et de parole qu'iels souhaitent ouvrir à d'autres démissionnaires - ou en passe de l'être - dont les témoignages arrivent par téléphone.
Dispositif très singulier pour faire émerger une parole peu entendue, qui descend voir jusque dans les corps et les cœurs les conséquences des choix politiques en matière de services publics.
Au pays de nos frères de Raha Amirfazli et Alireza Ghasemi
Sortie : 2 avril 2025  
Depuis la mort de Kiarostami et la quasi-retraite de Makhmalbaf, rares sont les films iraniens qui se déroulent en territoire rural, l’attention des productions défiant la censure étant tournée vers les forces de résistance urbaines – à leurs risques et périls (on ne compte plus les cinéastes emprisonné·e·s, encore récemment le très innocent Mon gâteau préféré a valu une peine de prison avec sursis et assignation à résidence à ses deux réalisateur·ice·s Maryam Moghaddam et Behtash Sanaeeha). 
Au pays de nos frères est également le fruit d’un tandem mixte, qui plus est un premier film, d’une maîtrise bluffante, sur le thème rarement traité de l’exil de 5 millions d’Afghan·ne·s en Iran, pays supposé frère qui les accueille… en immigré·e·s, avec tout ce que cela comporte de variantes d’exploitation, d’humiliations, de tracasseries administratives, au mieux de condescendance.  
Sur la forme classique du film choral, Au pays… brosse le quotidien de trois générations de ces exilé·e·s, dont les plus jeunes n’ont jamais vu leur pays d’origine mais dont le destin est irrémédiablement lié au naufrage de l’occupation puis du retrait américains.  
Sur un sujet potentiellement glissant vers le pathos ou le didactisme, la mise en scène de Amirfazli et Ghasemi est d’une grâce et d’une pudeur constantes, jusqu’au portrait d’un père de famille brisé par un secret indicible. 
Exilé·e·s l’une au Etats-Unis, l’autre en France, les deux cinéastes ont bénéficié, outre le soutien d’une société de production française, de l’Aide aux cinémas du monde du CNC, l’un de ces acquis de « l’exception culturelle française » essentiel au maintien des cinématographies fragiles ou censurées. 
Manas de Marianna Brennand
Sortie : 26 mars 2025  
Sur un ponton avec sa mère, Marcielle fait face à la rivière qui traverse la forêt amazonienne.
1h40 plus tard, la même adolescente se tiendra au même endroit, cette fois face à sa mère, dans une position de défi - une réponse à cette phrase terrible dans laquelle la mère a résumé son impuissance, sa résignation, son aliénation : "ma fille il y a des choses que tu ne pourras pas changer".
Mais en fait si, Marcielle a décidé que ça allait changer. Et elle s'est donné les moyens de son émancipation.
Du cadre naturel à priori paradisiaque de Marajó, une grande île côtière coincée entre Belem, au nord du Brésil, et la Guyane française, Manas fait une prison à ciel ouvert, sans rien idéaliser d'une société qui se tient à l'écart de la "modernité", mais n'est pas préservée des rapports de pouvoir, de la violence, du patriarcat.Pour ce premier film de fiction, primé à Cannes, Venise et Nantes, la documentariste brésilienne Marianna Brennand a enquêté pendant des années sur le terrain et recruté des comédien.ne.s amateur.e.s, dont l'épatante Jamilli Correa. Sa mise en scène manie l'ellipse avec subtilité, nous épargnant le plus pénible pour se concentrer sur l'énergie et le courage d'une très jeune femme lumineuse.

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